Editos – GP Inside https://www.gp-inside.com Le MotoGP à toute vitesse ! Wed, 23 Mar 2022 10:36:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.1.4 La pire nouvelle https://www.gp-inside.com/la-pire-nouvelle/ https://www.gp-inside.com/la-pire-nouvelle/#comments Wed, 23 Mar 2022 10:33:04 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=91129 Une trentaine de chutes, quatre opérations, 18 forfaits et désormais une deuxième diplopie : Marc Marquez vit depuis novembre 2019 la période la plus noire de sa carrière. L’incertitude plane quant à la suite qui y sera donnée. 

Les conséquences d’une chute ne sont pas toujours connues dans l’immédiat. Les os peuvent être saufs, mais d’autres blessures émergent par la suite. C’était arrivé à Marc Marquez quand, après être tombé en enduro le samedi 30 octobre 2021, il a commencé à expérimenter des problèmes de vision début novembre. Un scénario qui s’est répété fin mars 2022, à l’issue du Grand Prix d’Indonésie.

Quatre fois à terre durant le week-end, l’octuple champion du monde s’est collé l’un des plus gros volumes de sa carrière le dimanche matin, lors du warm-up. Éjecté de sa moto à plus de 180 km/h, il n’a pu prendre le départ de la course, disputée cinq heures après l’incident. « Je vais bien, un peu étourdi mais ça va », rassurait-il après de premiers examens médicaux, où « seule » une commotion cérébrale lui avait été diagnostiquée. Mais le bilan n’était malheureusement pas définitif.

Sur le chemin du retour en Espagne, Marc Marquez a ressenti une gêne oculaire qui l’a conduit à procéder à une visite médicale d’urgence à son arrivée à Barcelone, lundi. Verdict : une rechute de sa diplopie. La même blessure que celle dont il a souffert en 2011, puis en 2021. « Moins sévère », a-t-il précisé.

Cette nouvelle blessure jette un froid sur une saison qui était placée sous le signe de la reconquête. Forfait en Indonésie, il pourrait ne pas suivre le paddock dans ses prochaines voyages. Deux courses vont bientôt s’enchaîner en Argentine (3 avril) et au Texas (10 avril), sur des circuits où il a l’habitude de briller. S’il vient à les manquer, les points perdus pourraient déjà être décisifs pour son championnat.

Mais à ce stade là, il ne s’agit même plus de se demander si Marc Marquez reviendra à la prochaine course ; la question est plus profonde, et les circonstances obligent à une plus grande projection. Ce qui est en jeu est la suite de sa carrière, les conditions dans lesquelles elle peut se dérouler, et la sortie d’une période noire dans laquelle il est plongée depuis novembre 2019. Depuis cette date-là se sont enchaînées une trentaine de chutes, quatre opérations, deux diplopies, et un total de 18 forfaits en 34 Grands Prix.

On n’ose penser au pire, à savoir que cette nouvelle diplopie signifie que Marc Marquez ne puisse plus piloter correctement, car les chutes qu’implique le travail de pilote MotoGP pourraient finir par être dévastatrices pour sa vision. Personne ne le souhaite. Il faut au contraire espérer que l’Espagnol surmonte cette situation, retrouve sa forme et revienne au plus haut niveau. Fabio Quartararo, Francesco Bagnaia, Joan Mir et tant d’autres l’y attendent.

Marc Marquez – Chronologie d’une période noire :

27 novembre 2019 : Des douleurs à l’épaule droite survenues après une chute lors du test hivernal de Jerez incitent Marc Marquez à se faire opérer de l’épaule droite, pour prévenir d’éventuels problèmes dans le futur.

19 juillet 2020 : Tombé dans le 22e tour du Grand Prix d’Espagne, Marc Marquez se relève avec une fracture de l’humérus droit« Parfois les choses ne se passent pas comme on pourrait s’y attendre, mais le plus important est se relever et d’aller de l’avant. (…) Je reviendrai le plus tôt possible, et plus fort »promet-il.

21 juillet : Opération de l’humérus droit réalisée par le Dr Xavier Mir à la clinique Dexeus de Barcelone.

25 juillet : Six jours après sa fracture, quatre après l’intervention chirurgicale, Marc Marquez remonte sur la Honda RC213V lors des essais libres 3 du Grand Prix d’Andalousie. Il participe aussi à la quatrième séance, avant de jeter l’éponge à l’entame des qualifications, la douleur étant trop forte.

3 août : Deuxième opération de l’humérus droit après que la plaque qui avait été insérée dans son bras se soit cassée. La version officielle est que l’incident a eu lieu en ouvrant une fenêtre, mais a été provoqué par le stress exercé sur la zone blessé lors de sa tentative de participation au Grand Prix d’Andalousie. Le pilote Honda déclare forfait pour le Grand Prix de République-Tchèque, prévu du 7 au 9 août. Puis pour les onze qui suivent.

3 décembre : Troisième opération de l’humérus droit pour soigner une pseudarthrose, c’est à dire une mauvaise consolidation de ses os. Un nouveau processus de récupération l’attend. Pas encore commencée, la pré-saison 2021 se complique déjà pour lui.

5 décembre : Les examens pratiqués sur Marc Marquez révèlent la présence d’une infection découverte dans sa fracture. Difficile d’en indiquer l’origine, mais cette infection peut être la cause de la mauvaise récupération de sa blessure. Un traitement antibiotique commence pour tenter de la combattre.

12 mars 2021 : Premiers kilomètres à moto – plus exactement minimoto – au circuit d’Alcarràs, près de huit mois après sa disparition des radars des Grands Prix. Quatre jours plus tard, il prend le guidon de la Honda RC213V-S au circuit de Barcelone-Catalogne

16 avril : Retour en MotoGP au Grand Prix du Portugal, à Portimao, neuf mois après sa dernière apparition.

20 juin : Jamais battu au Sachsenring en MotoGP, Marc Marquez poursuit sa série et signe un sensationnel retour à la victoire, 581 jours après son dernier succès au Grand Prix de Valence 2019. Les larmes qui coulent sur le podium symbolisent toutes les difficultés traversées depuis.

30 octobre : Chute lors d’un entraînement en Enduro qui provoque une diplopie, terme désignant des problèmes de double-vision. Vainqueur des deux dernières courses en date, à Austin et Misano, Marc Marquez déclare forfait pour les Grands Prix d’Algarve et de Valence. Sa saison 2021 est terminée.

13 janvier 2022 : Peu après avoir reçu le feu vert des médecins, l’Espagnol reprend le chemin des circuits, d’abord en motocross. Sa pré-saison 2022 commence là,

5 février : 104 jours après son dernier roulage, Marc Marquez retrouve le guidon de sa Honda RC213V lors du test hivernal de Sepang. Ses sensations sont bonnes et les doutes concernant sa présence au Grand Prix du Qatar se dissipent.

20 mars : Lourde chute lors du warm-up du Grand Prix d’Indonésie, au lendemain d’une qualification difficile où il était déjà tombé deux fois. Deux jours plus tard, il annonce souffrir à nouveau de problèmes de vision.

La nécessaire réinvention de Marc Marquez

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Là où tout commence https://www.gp-inside.com/la-ou-tout-commence/ https://www.gp-inside.com/la-ou-tout-commence/#respond Tue, 01 Mar 2022 08:43:55 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=90138 Le Grand Prix du Qatar est traditionnellement l’événement où tout commence, pour certains. Où tout recommence, pour d’autres. Ce ne fut pas le cas pour le MotoGP en 2020, en raison de la crise sanitaire. La même qui, un an plus tard, a mené à l’organisation de deux courses consécutives sur la piste de Losail. Du jamais vu. Retour à la normale en 2022 : les pilotes resteront le week-end au Moyen-Orient, puis s’envoleront vers d’autres horizons.

Le championnat du monde MotoGP 2022 commence. « Enfin ». L’hiver a été long. Mais finalement pas tant que ça : 112 jours entre la course de Valence 2021 et celle du Qatar 2022. Ce furent 126 entre les saisons 2020 et 2021. 245 entre 2019 et 2020, à cause de l’épidémie de Covid-19. Puis à nouveau 112 entre 2018 et 2019. Etc. La trêve est toujours trop longue pour un fan, mais elle est la garantie de retrouver des pilotes ressourcés.

D’autant plus qu’ils affrontent cette année un calendrier à l’allure redoutable : 21 Grands Prix dans 17 pays différents, dont 8 qui ne sont pas en Europe. Le programme le plus chargé de l’histoire du championnat, qui n’était auparavant arrivé « qu’à » 19 épreuves. Et l’histoire pourrait ne pas s’arrêter là, car le chiffre de 22 a déjà été évoqué. Mais on parle là de futur ; restons au présent.

Pour qui aime le MotoGP, ce présent s’annonce terriblement passionnant. 2022 sera la première saison MotoGP (ère 2002) de l’histoire sans Valentino Rossi, et ça fait quelque chose, mais la compétition ne manquera pas d’enjeux. Comment Fabio Quartararo va-t-il défendre son titre ? Marc Marquez retrouvera-t-il le sommet ? La Ducati GP22 sera-t-elle la moto gagnante ? La nouvelle Honda tiendra-t-elle ses promesses ? Qui sera le meilleur rookie ? Et puis il y a Johann Zarco, qui court après a première victoire en MotoGP, tout comme l’Aprilia RS-GP. Et puis il y a Suzuki qui cherche sa rédemption. Et puis, et puis…

Le Grand Prix du Qatar débutera ce vendredi à 9h50, heure de Paris. L’action, enfin. Pour GP-Inside, voilà déjà quelques temps que c’est le cas. L’actualité ne s’est en fait jamais arrêtée pour nous durant la trêve. Informations, interviews, regards sur 2021, préparation de 2022, tests hivernaux… Pas de vacances pour votre média moto préféré.

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2021 est mort, vive 2022. Les pilotes écrivent l’histoire, GP-Inside la raconte !

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Au-delà des pénalités, la démonstration de force https://www.gp-inside.com/au-dela-des-penalites-la-demonstration-de-force/ https://www.gp-inside.com/au-dela-des-penalites-la-demonstration-de-force/#comments Mon, 07 Jun 2021 20:05:23 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=81384 Arrêter Fabio Quartararo quand sa combinaison s’est ouverte en Catalogne, pour sa propre sécurité, aurait pu avoir du sens. Mais le pénaliser cinq heures après, sans raison apparente et sur la base de plaintes d’adversaires, a de quoi déconcerter. Et fait passer au second plan la performance du pilote français, initialement arrivé troisième dans ces conditions délicates. Notre Édito du lundi revient sur cette décision de la Direction de course, et ouvre le débat.

Nous aurions aimé consacrer cet éditorial post-GP de Catalogne au retour du public sur les courses – 32 573 entrées payantes sur l’ensemble du week-end –, à la première victoire KTM de l’année ou à la redoutable régularité de Johann Zarco. Mais les événements du Grand Prix en ont décidé autrement. Et par événements, nous entendons les décisions de la Direction de course.

Rappelons brièvement ce qu’il s’est passé. Deuxième derrière Miguel Oliveira, Fabio Quartararo s’est retrouvé avec sa combinaison ouverte à 5 tours de l’arrivée. Il a tenté de la remettre, sans succès, puis a fini la course comme ça, torse nu. L’incident lui a fait perdre du temps et coûté la lutte pour la victoire. Il a terminé troisième, puis a été privé du podium (quatrième) suite à une pénalité de 3 secondes pour avoir coupé la première chicane du circuit, au 22e tour.

Il était environ 13h32 quand son cuir s’est défait, 13h40 quand il a franchi la ligne d’arrivée… et 19h quand la Direction de course a décidé de lui infliger une deuxième pénalité de 3 secondes pour cela. Les commissaires s’appuient sur l’article 2.4.5.2 du règlement des Grands Prix, qui stipule qu’un pilote doit correctement porter ses équipements de sécurité durant tout le temps où il est en piste.

Ce qui est ici discutable et discuté, ce n’est pas le fait de se pencher sur cet incident, quand bien même fut-il involontaire. Mais de le faire plusieurs heures après, parce que d’autres (Ducati et Suzuki) le demandent. Et sans expliquer pourquoi.

Fabio Quartararo aurait-il dû être arrêté – drapeau noir avec disque orange – au moment où sa combinaison s’est ouverte, pour sa propre sécurité ? Peut-être, sans doute. C’est ce que pensent plusieurs pilotes, car on imagine les conséquences d’une chute dans ces conditions. Mais la Direction de course a eu 5 tours et plus de 8 minutes pour le faire. En salle de presse, il n’a pas fallu 30 secondes pour que nous soyons plusieurs à craindre la sortie d’un drapeau noir. Ça n’a pas été le cas. Et c’est pour cette raison que sanctionner cinq heures plus tard, quand tout est terminé, n’a pas beaucoup de sens.

Alors, pourquoi ? Pour « montrer l’exemple » ? Cela ne tient pas debout, car Fabio Quartararo est surtout victime de ce qu’il s’est passé. « C’était déjà assez difficile pour moi de rouler comme ça », a-t-il justement commenté. Créer un précédent du genre est justifiable dans le cas où quelqu’un a fauté, qu’on veut le punir et dissuader les autres de faire ce qu’il a fait. Penser qu’il est pénalisé pour inciter les pilotes à porter leur combinaison serait absurde.

Pour une mise en danger des autres ? Fabio Quartararo n’a mis aucun de ses adversaires en danger, seulement lui-même. Joan Mir s’est plaint du fait qu’il ait jeté sa protection du torse par terre, et que c’était à punir. Or, la notification de la pénalité ne mentionne pas ce geste. Elle évoque le fait qu’il ait roulé sans cette protection, mais pas qu’elle soit laissée en piste et que ça porte préjudice à quelqu’un.

Oui, l’arrêter en course pour sa propre sécurité aurait eu du sens, car cela l’aurait protégé. Mais la combinaison de Fabio Quartararo s’est ouverte à 13h32, pas à 19h. En ce sens, si la mission de la Direction de course est de protéger les pilotes, elle a failli. Et le pilote Yamaha n’y est pour rien.

Oui, le règlement stipule que les équipements doivent être correctement portés. Mais pourquoi avoir attendu cinq heures pour s’en rendre compte ? Pourquoi les adversaires du pilote Yamaha en ont ressenti le besoin, sinon pour lui récupérer des points au championnat ? Et pourquoi 3 secondes de pénalité, une donnée laissée à la libre-appréciation des commissaires ? Manquent, une fois de plus, ce qui a déjà manqué par le passé : des clarifications. Et du sens.

Dans tout cela, on oublie de souligner la performance du Niçois. Celle d’arriver à 340 km/h en bout de ligne droite avec une combinaison qui s’ouvre, se retrouver torse-nu, avoir la protection de la poitrine qui descend et gêne le pilotage, devoir l’enlever, tenter de remettre sa tunique, ne pas y parvenir, rester focus, jouer le podium et même remporter un duel pour le podium face à Jack Miller. Une leçon de maîtrise et de concentration, passée au second plan pour les raisons que nous connaissons.

Fabio Quartararo s’est une fois de plus déjoué des difficultés. Chaque week-end, il montre qu’il a appris du passé et grandi, comme pilote et comme personne. Sa première victoire, celle de Losail 2, s’est construite sur la base de l’étude et l’analyse de sa défaite de Losail 1. De la même manière que celle de Portimao, une revanche prise sur les erreurs de 2020. Au Mans, la course sur le sec lui était promise avant que la pluie ne vienne gâcher la fête, mais il a su aller chercher son premier podium en carrière sur le mouillé. Au Mugello, l’émotion provoquée par la disparition de Jason Dupasquier a été utilisée comme une force pour gagner, quand d’autres – Pecco Bagnaia – sont partis à la faute car submergés et déconcertés (ce qui est tout à fait compréhensible). À Barcelone, la déconcentration et les risques que suppose de rouler avec une combinaison ouverte ne sont pas venus à bout de lui, ni de sa détermination.

« La saison dernière a été difficile mais je pense avoir appris beaucoup de choses, de l’expérience qui peut m’aider au cours de cette année »disait-il à l’aube de la saison 2021. Il l’a encore prouvé en Catalogne. En gérant cette situation, puis en gardant son sang-froid quand la première pénalité est arrivée. « J’ai fait une grande erreur à Misano l’an dernier, où je me suis beaucoup trop énervé, rappelait-il dimanche soir. Là j’ai préféré aller me changer tranquillement, descendre au box, faire mon débrief… Je suis assez content de comment j’ai géré mes émotions. J’ai eu ma combinaison ouverte, je finis troisième puis je me vois quatrième en regardant la tour… J’ai dit ‘On va rester calme, tranquille’. Ce n’est pas le résultat que j’attendais mais je suis content de ma réaction. »

En dépit de cet amoncellement d’obstacles sur son chemin, Fabio Quartararo évite les erreurs, performe et est toujours en tête du championnat.  Malgré l’avant-bras foudroyant de douleur à Jerez, la pluie du Mans, la combinaison ouverte de Montmeló. Il est, avec Maverick Viñales, le seul pilote à avoir terminé toutes les courses dans les points. Et le seul à réussir à faire marcher la Yamaha sur tous les circuits. Le prochain sera le Sachsenring, le week-end du 20 juin.

« On se voit là-bas », a-t-il lancé à ses adversaires après cette deuxième pénalité, dans un message destiné à « toutes les personnes qui sont allées se plaindre » pour l’obtenir. La réponse d’El Diablo, ce sera celle de la piste. Et à ce jeu-là, il est actuellement le plus fort.

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Pour elles, pour eux https://www.gp-inside.com/pour-elles-pour-eux/ https://www.gp-inside.com/pour-elles-pour-eux/#comments Mon, 17 May 2021 04:28:16 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=80186 Il y a différentes manières d’aborder un Édito du lundi. Celui du Grand Prix de France 2021 prend la forme d’une petite histoire vécue ce week-end au Mans. Il est dédié à Magali, Floriane, Mylie, et tous les fans de moto rencontrés là-bas. Vivement la réouverture des circuits au public.

Vendredi 14 mai, 21h30. La première journée de compétition du Grand Prix de France est terminée, les articles sont écrits et il est temps de rentrer dormir. Je passe le week-end avec une petite équipe de la Northern Talent Cup. Trois personnes attendent à la sortie du circuit Bugatti, dans la fraîcheur et l’humidité de la nuit mancelle. Magali et ses deux filles sont là, nous font des signes pour nous dire bonsoir.

Qui sont elles ? De simples fans de MotoGP qui bravent le froid et la nuit de la Sarthe pour venir voir passer les pilotes, « mais aussi les mécanos, vous, enfin tout le monde, parce que c’est vous tous qui permettez que ça existe ». Elles sont seules, là depuis des heures, et tiennent grâce à l’énergie de la passion.

Magali, Floriane et Mylie dorment dans une camionnette garée non-loin de la piste. Elles viennent de Royan, à 375 kilomètres de là. Elles savent qu’elles ne pourront pas rentrer à l’intérieur du circuit, à cause des restrictions liées à la crise sanitaire, mais elles sont quand même venues passer le week-end au Mans. Pour entendre les motos, voir les pilotes et équipes rentrer au circuit, prendre une photo avec ceux qui veulent bien s’arrêter. Elles se réjouissent d’avoir eu Maverick Viñales. Elles ont raté Johann Zarco de peu mais gardent espoir pour le lendemain.

Impossible de ne pas être ému en écoutant leur histoire, en voyant les yeux des petites qui brillent quand quelqu’un – pilotes, mécaniciens, employés du paddock – leur font signe. Magali, Floriane et Mylie sont la réponse aux nombreux « Pourquoi » qui peuvent parfois nous traverser l’esprit. Elles sont une raison de continuer à faire ce que l’on fait. Leur présence dans cette période difficile, donne du sens au MotoGP. « C’est vous tous qui permettez que ça existe » ; non Mesdames, c’est bien vous qui permettez que tout ça existe.

D’autres belles histoires de supporters accompagnent ce Grand Prix à huis clos. Mon ami Charles, journaliste, m’en raconte une. Mercredi, il filmait l’arrivée de Fabio Quartararo au circuit Bugatti, et a pris le temps de discuter avec des fans. Certains avaient fait le trajet de Grenoble exprès pour la haie d’honneur dédiée au pilote Yamaha. Aller-retour, ça fait plus de 1 400 kilomètres, juste pour pouvoir acclamer le pilote français quelques minutes. La passion soulève des montagnes.

Dimanche, Johann Zarco et Fabio Quartararo ont écrit l’histoire du sport moto français avec ce nouveau double-podium en MotoGP. Leur performance récompense et réconforte ces nombreux supporters, qui méritent tant de pouvoir à nouveau venir assister aux Grands Prix. Un podium pour Magali, pour Floriane, pour Mylie. Un podium pour tous les fans qui rêvaient d’être dans les gradins du circuit, pour le voir et le vivre « en vrai ». Un podium pour elles. Un podium pour eux.

Merci Floriane, merci Mylie, merci à leur super-maman Magali. Et à l’an prochain dans les tribunes du Mans.

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La fête de la moto https://www.gp-inside.com/la-fete-de-la-moto/ https://www.gp-inside.com/la-fete-de-la-moto/#comments Sun, 09 May 2021 22:07:08 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=79756 Le Grand Prix de France 2021 est là et promet d’être grandiose. Les circonstances sont particulières, mais les organisateurs ont tout fait pour que le spectacle soit au rendez-vous malgré tout. Aux pilotes d’écrire l’histoire, et à nous de la raconter, pour vous la faire vivre comme si vous y étiez. Avant de pouvoir tous enfin se retrouver au circuit Bugatti.

Avec plus de 100 000 spectateurs le dimanche et plus de 200 000 sur les trois jours (données de 2019), le Grand Prix moto de France est l’un des événements sportifs les plus populaires du pays, et l’une des courses les plus visitées du monde.

De Giacomo Agostini à Valentino Rossi en passant par Barry Sheene, Freddie Spencer, Jorge Lorenzo et ainsi de suite, des dizaines de champions ont gagné au circuit Bugatti du Mans. D’autres noms s’ajouteront au palmarès ce week-end. Peut-être ceux de Fabio Quartararo et Johann Zarco, auteurs, chacun à sa manière, d’un superbe début de saison. Ils auront face à eux le nouveau leader du classement Francesco Bagnaia, le champion sortant Joan Mir, un Jack Miller de retour au sommet ou encore un Marc Marquez qui retrouve sa forme. Avec un niveau plus homogène que jamais et des surprises à chaque épreuve, il faut s’attendre à tout et ne rien écarter, pour personne.

Le panorama de la catégorie Moto2 est lui déjà bien tracé, avec cinq concurrents au-dessus du lot après quatre courses : Remy Gardner, Sam Lowes, Raul Fernandez, Marco Bezzecchi, Fabio di Giannantonio. Mais gare aux surprises, souvent nombreuses au Mans. Pourquoi pas une victoire de Jake Dixon, flamboyant en 2020 avant de tomber ? Ou un premier succès pour l’Américain Joe Roberts ?

En Moto3, l’homme à battre s’appelle Pedro Acosta. L’Espagnol n’a pas encore 17 ans mais affole déjà les compteurs et les records de précocité. Quatre GP, quatre podiums dont trois victoires, 51 points d’avance sur son dauphin : au Mans, ce sera tous contre lui. Et par « tous », on entend la trentaine de jeunes pilotes assoiffés de succès. Un spectacle qui sera complété par la venue de la série MotoE, mais aussi par les minots de la Northern Talent Cup.

Bref, le Grand Prix de France promet d’être passionnant et spectaculaire. Seul le public, non-autorisé en raison de la crise sanitaire, manquera à la fête. Manquera cruellement. Une première. Et, espérons-le, une dernière.

Les organisateurs ont tout fait, tout essayé, pour que quelques fans puissent se rendre dans les tribunes, comme cela avait été le cas en 2020. Faites confiance aux équipes de Claude Michy pour avoir étudié toutes les pistes, tenté de saisir toutes les opportunités. Les autorités ne le permettent pas, mais eux n’y sont pour rien et méritent soutien et félicitations pour leurs efforts. Ce n’est de toute façon que partie remise : rendez-vous en 2022 pour mettre le feu au circuit Bugatti.

Dans cette situation, il nous incombe plus que jamais, nous, médias sur place, de vous faire vivre ce GP comme jamais auparavant. Si vous ne pouvez être au circuit, alors le circuit doit venir à vous avec des informations, images, interviews, anecdotes, analyses, et bien plus encore. Telle sera notre mission en cette semaine du Mans : vous faire vivre la fête du Grand Prix de France qui, même dans ces circonstances particulières, reste bien une fête. Et une fête si utile en ces temps difficiles.

L’histoire, c’est désormais aux pilotes en piste et aux équipes dans les stands de l’écrire. Et à nous de la raconter. Rendez-vous là-bas.

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L’Espagne voit rouge Ducati https://www.gp-inside.com/lespagne-voit-rouge-ducati/ https://www.gp-inside.com/lespagne-voit-rouge-ducati/#comments Sun, 02 May 2021 18:23:10 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=79407 Jack Miller ému aux larmes. L’image marquante de l’arrivée du Grand Prix d’Espagne n’était certainement pas celle que l’on s’attendait à voir en début de week-end. « Je suppose que c’est ce qui arrive quand tu dédies ta vie à une chose et que tu arrives finalement à l’obtenir », concéda-t-il à l’arrivée. Elle en dit long sur les difficultés traversées par l’Australien ces dernières semaines, d’une part. Sur la pression qui reposait sur ses épaules, d’autre part. Sur la (longue) attente depuis son premier succès en MotoGP, enfin.

Promu dans l’équipe officielle en 2021, Jack Miller y a été nommé pour prendre la relève d’Andrea Dovizioso au gouvernail du navire Ducati. Mais les premières semaines se sont mal passées. Un syndrome des loges a d’abord gâché son début de saison, au Qatar (9e à deux reprises), avant qu’une chute ne gâche son retour en forme au Portugal. Des contre-performances qui contrastaient avec les résultats des autres Ducatistes, en particulier ceux de son coéquipier Francesco Bagnaia. Certains le mettaient déjà hors-jeu dans la course au titre, et s’inquiétaient même de la prolongation de son contrat en 2022. À Jerez, Jack Miller a donné à ses détracteurs la monnaie de leur pièce.

Tout indiquait pourtant que Fabio Quartararo allait s’imposer. Mais la machine à gagner d’El Diablo s’est enrayée en Andalousie, la faute au même problème vécu par Jack Miller un mois et quelques jours : arm pump. Parti en tête mais rapidement doublé par le Français, le pilote Ducati a vu surgir l’opportunité de sa vie quand le rythme de son adversaire à commencer à chuter. « Je me suis dit qu’il fallait vite le passer car je voyais qu’il perdait en performance. » Chose faite au 16e des 25 tours. Il ne lui restait alors plus qu’à contenir le retour de ses poursuivants, Francesco Bagnaia et Franco Morbidelli.

Première victoire depuis Assen 2016 (Pays-Bas), première victoire en MotoGP sur le sec, première victoire avec la Desmosedici, première victoire en tant que pilote officiel Ducati : pas mal de barrières (mentales ?) ont sauté à Jerez. Sauté au passage du drapeau à damiers, puis coulé sur son visage quelques secondes plus tard.

Ce dimanche 2 mai n’était pas seulement le grand jour de Jack Miller, mais aussi celui de Ducati. Arrivé deuxième, Francesco Bagnaia enlève un troisième podium en quatre courses et prend les commandes du championnat MotoGP. Les Rouges reviennent sur les talons de Yamaha dans les classements des teams (9 points de retard au lieu de 42) et des constructeurs (15 points de retard au lieu de 24).

Ducati signe par la même occasion son premier doublé depuis Brno 2018, à l’époque obtenu par Andrea Dovizioso et Jorge Lorenzo, deux hommes désormais absents de la grille MotoGP. En prenant Francesco Bagnaia et Jack Miller, deux pilotes relativement jeunes qui n’avaient jamais gagné malgré plusieurs saisons sur la moto italienne, « Ducati a fait un choix et a beaucoup été critiqué. Mais les résultats sont là », se réjouissait Davide Tarddozzi, team-manager des Rouges, dimanche soir.

Avec Maverick Viñales, Johann Zarco, Fabio Quartararo et maintenant Francesco Bagnaia, cela fait quatre leaders du championnat différents en quatre Grands Prix. Du jamais vu en MotoGP. La statistique invite à la prudence quant à d’éventuelles prédictions, mais pour l’heure, Ducati est à la fête. Trois Desmosedici GP21 sont dans le top-6, et au moins une est montée sur chaque podium cette année. De bonnes dispositions avant de se rendre au Mans, dans deux semaines, où une Ducati s’est imposée en octobre dernier.

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« J’ai cru en lui dès le début » : Bagnaia donne raison à Guidotti

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Leadership https://www.gp-inside.com/leadership/ https://www.gp-inside.com/leadership/#comments Mon, 26 Apr 2021 14:11:47 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=78806 Qui dit Grand Prix dit Édito du lundi. Le championnat MotoGP arrive à Jerez de la Frontera avec un nouveau leader, Fabio Quartararo. Ses adversaires le désigneront comme l’homme à battre, sur un circuit où il a gagné deux fois en juillet dernier. L’étiquette de favori avait pesé lourd sur ses épaules l’an passé. Mais voilà un mois que le tricolore prouve que sa saison 2021 n’a rien à voir avec celle de 2020.

Trois courses, une pole, deux premières lignes, deux victoires, une 5e place comme « pire » résultat : le début d’année de Fabio Quartararo n’est pas loin d’être irréprochable. Le Niçois a fêté ses 22 ans en homme fort du championnat du monde MotoGP. Plus que les résultats, c’est la manière avec laquelle ils ont été obtenus qui impressionne. Et témoigne de sa progression par rapport à la saison passée.

Au Grand Prix du Qatar, il a montré qu’il sait désormais garder son calme quand les choses tournent mal, accepter le fait de ne pas pouvoir gagner, modifier ses plans et aller chercher les points qui pouvent être marqués, en attendant des jours meilleurs. « L’an dernier, lors des courses difficiles je faisais des erreurs et finissais 14e ou par terre. C’est ce que 2020 m’a appris, que même quand les choses vont mal tu dois essayer de ne pas chuter ou finir 14e, disait-il d’ailleurs à l’arrivée. Nous avons terminé 5e et pris 11 points, ce qui est bien pour une journée aussi dire. »

Tirer les leçons du passé, il en a aussi fait la démonstration la semaine suivante, au Grand Prix de Doha. D’un passé plus proche, cette fois. En étudiant la course précédente, en analysant ce qui l’avait empêché de gagner, puis en travaillant pour s’ouvrir la voie du succès. Un succès acquis à la patience, la confiance en soi et la maîtrise en course. Partir derrière, prendre son temps, gérer son énergie, frapper au bon moment : jamais Fabio Quartararo n’avait triomphé de cette manière.

Le Grand Prix du Portugal, enfin, a validé les acquis révélés au Qatar. A confirmé qu’on ne parlait pas seulement d’un coup d’éclat, d’un éclair dans la nuit de Losail. L’épreuve de Portimao devait montrer « le vrai potentiel de la moto », parce qu’il fallait constater si, cinq mois après la déroute de novembre 2020, la Yamaha avait progressé. Elle a surtout montré le vrai potentiel du nouveau Fabio Quartararo.

Un mur vient d’être franchi, peut-être le plus imposant, mais d’autres doivent désormais être escaladés.

Fabio Quartararo arrive au Grand Prix d’Espagne avec une triple-casquette de favori. La première est naturelle, parce qu’il sort de deux victoires consécutives. La seconde a à avoir avec les dernières courses de Jerez, toutes deux remportées par le Français en 2020. La troisième est relative à son nouveau costume de leader du championnat.

L’un des enjeux de l’étape andalouse sera de savoir comment le Niçois gère cette triple-casquette. L’an dernier, pareils éléments – l’étiquette de favori, celle de numéro 1 du classement – lui avaient été préjudiciables. Mais Fabio Quartararo démontre depuis bientôt un mois que les erreurs de 2020 ont été converties en forces en 2021. Jerez lui donne l’occasion de le prouver une fois de plus.

On vous fait gagner… le casque de Fabio Quartararo !

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La revanche d’El Diablo https://www.gp-inside.com/la-revanche-del-diablo/ https://www.gp-inside.com/la-revanche-del-diablo/#comments Sun, 18 Apr 2021 15:37:03 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=78668 En remportant le Grand Prix du Portugal, sur un circuit de Portimao où il n’avait fini que 14e l’an dernier, Fabio Quartararo a pris sa revanche. Sur ses adversaires, d’abord. Sur lui-même, surtout. Le Français a su transformer la frustration de la perte du titre de champion du monde 2020, en une force pour aller chercher celui de cette année. Cette fois, c’est dit : l’opération reconquête est lancée.

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Marc Marquez écrit sa légende https://www.gp-inside.com/marc-marquez-ecrit-sa-legende/ https://www.gp-inside.com/marc-marquez-ecrit-sa-legende/#comments Fri, 16 Apr 2021 23:51:28 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=78429 Il y a, dans la carrière d’une légende sportive, un moment où s’écrit le plus grand chapitre du mythe, celui dont on sait qu’il marquera l’histoire de sa vie en même temps que celui de la discipline. Pour Valentino Rossi, ce fut Welkom 2004 et la gloire ensuite apportée à Yamaha. Portimao 2021 pourrait bien être la première pierre de ce « moment » pour Marc Marquez.

Certes, à 28 ans, Marc Marquez a déjà accompli de grandes choses et marqué l’histoire de son sport. Huit titres de champion du monde, 82 victoires, 90 poles, 134 podiums (en 206 courses, soit une moyenne de 65,05 % !), des records de points marqués, de précocité et bien d’autres choses encore. Les chiffres donnent le tournis. Face à eux, que valent deux séances d’essais libres d’un Grand Prix au Portugal ? Pas grand chose, à première vue. Mais tellement, dans ce cas précis.

Blessé à l’humérus depuis l’été 2020, opéré trois fois, passé par les pires moments de sa carrière, Marc Marquez a enfin signé son retour en MotoGP, vendredi. 265 jours après y avoir roulé pour la dernière fois. Sur une moto dont il ne connaissait pas les entrailles, car il s’agissait du modèle 2021 de la Honda RC213V, jamais testée et confiée à Stefan Bradl jusqu’à il y a peu. Sur un circuit de Portimao physique, où il n’avait pas les repères car jamais roulé dans la catégorie. Dans des dispositions physiques et mentales qui, bien que taillées pour la gagne, se devaient de passer ce ‘test grandeur nature’. Face à des pilotes qui viennent d’enquiller 5 jours de pré-saison et deux Grands Prix au Qatar, en plus d’une tournée 2020 que lui n’a pas disputé.

Bref, il avait toutes les raisons du monde d’être derrière, et personne ne lui en aurait voulu. « Je n’ai pas d’objectif ce week-end, avait-il d’ailleurs prévenu. J’ai besoin de temps, je ne serai pas le Marc d’avant. Je suis en processus de rééducation. » Qu’il ait besoin de temps, c’était à prévoir. Qu’il n’ait pas d’objectif, c’était mal le connaître. Objectif ou pas, il s’est en tout cas rapidement mis dans le rythme, se hissant au 3e rang de la première séance d’essais libres. Avant, quelques heures plus tard, de confirmer en terminant 6e en FP2. À peine arrivé, il fait déjà office de meilleur pilote Honda. Et ce sans pouvoir dérouler pleinement son style de pilotage, car gêné par sa situation physique – notamment dans les virages à droite.

Faut-il s’emballer alors que ce ne sont « que » des essais libres ? Non, mais oui. Non, parce que les chronos risquent de descendre – Johann Zarco parle d’un petit 1’39 pour aller en Q2, quand le 10e est pour l’instant en 1’40.611 –, que Marc Marquez dit avoir du mal avec les pneus tendres, et qu’il s’attend à perdre en énergie au fil du week-end. Mais oui, pour les fameuses raisons citées deux paragraphes plus haut.

[Concours] Pronostics : Un t-shirt Marquez pour le GP du Portugal !

Parmi les abonnés qui nous ont envoyé leur pronostic pour le Grand Prix (voir concours ci-dessus), certains voient Marc Marquez sur le podium dimanche. En sera-t-il ainsi ? « Je reste sur la même dynamique : sans me mettre de pression, ni un résultat en tête, mais sans rien écarter », se contente de répéter le principal intéressé. Il prévient aussi que la fatigue musculaire, déjà présente vendredi après-midi, va s’intensifier.

« Normalement », dira-t-on, le pilote Honda devrait avoir un peu plus de mal quand vont arriver les ultimes assauts de ‘time attack’. Plus de mal physiquement, aussi, parce que « la logique est que ça aille de moins en moins bien pendant les week-ends ». Les docteurs l’ont prévenu. Mais Marc Marquez l’a montré, il est fait d’un autre bois que de celui de la norme et de la logique. Alors il faut s’attendre à tout.

La deuxième journée du Grand Prix du Portugal fournira quelques réponses supplémentaires aux interrogations qui l’entouren. La question de la lutte pour le titre semble elle d’ores et déjà répondue. L’actuel leader, Johann Zarco, ne s’y est pas trompé : « Je pensais qu’il allait la jouer plus cool ici pour revenir fort à Jerez ; s’il ne l’a joue pas cool ici, alors à Jerez ça va être très fort. ». Le message est clair : Marc Marquez sera là, et il est même déjà là.

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« Trop particulier » https://www.gp-inside.com/trop-particulier/ https://www.gp-inside.com/trop-particulier/#comments Sun, 11 Apr 2021 18:38:50 +0000 https://www.gp-inside.com/?p=77965 « Trop particulier. » Vainqueur des Grands Prix du Qatar 2018 et 2019, absent en 2021, Andrea Dovizioso n’a eu de cesse de répéter ce mot à l’heure d’analyser les deux premières courses de la saison, disputées au Moyen-Orient. Et l’ancien pilote Ducati n’a pas tort : trop de particularités entourent le coup d’envoi du championnat pour en tirer des conclusions.

Crise sanitaire oblige, l’intégralité de la pré-saison s’est déroulée sur un même circuit, celui de Losail, lors de la première quinzaine de mars. Deux Grands Prix s’y sont ensuite succédé, avec des résultats assez marqués chez les constructeurs : deux victoires Yamaha, Ducati aux avant-postes, Suzuki dans le bon wagon, Aprilia en embuscade, Honda et KTM en retrait. Mais c’est bien parce que tout s’est joué à Losail que la lecture de ces faits reste limitée, « à prendre avec des pincettes », dit Andrea Dovizioso. « C’est encore trop tôt », répétaient d’ailleurs les pilotes dimanche dernier.

Prenons par exemple le cas KTM : bien qu’historiquement élevés, les résultats obtenus par les Oranges ne sont pas bons – quatre pilotes engagés, personne devant et un seul dans le top-10 en deux manches. Faut-il en conclure qu’ils sont hors-jeu pour la gagne en 2021 ? Pas le moins du monde. Losail n’est pas une piste taillée pour la KTM RC16, et les difficultés n’ont cessé de s’accumuler.

De la même manière, les triomphes de deux pilotes Yamaha ne font pas de la marque japonaise la favorite pour la saison. La Yamaha YZR-M1 est la moto qui a le plus gagné au Qatar. Il faut attendre d’autres circuits, d’autres conditions, d’autres circonstances, pour voir si les problèmes avec le train avant ou l’adhérence sont réglés.

Tout l’intérêt du Grand Prix de Portugal est là : apporter des réponses aux doutes, aux nombreux questions en suspens après les deux étapes du Qatar. Tous les pilotes qui ont brillé à Losail doivent confirmer que ce n’était pas qu’un coup d’éclat ; tous ceux qui ont manqué leur entame de saison doivent montrer que l’échec n’était que temporaire.

Certes, même au soir de quitter Portimao, dimanche prochain, il sera encore trop tôt pour tirer les premières conclusions fixes du championnat. Le Grand Prix d’Espagne, prévu deux semaines plus tard à Jerez, semble un moment plus approprié, car après Losail et les montagnes russes de Portimao, on aura eu une course sur un tracé sinueux, sans grande ligne droite. Mais l’épreuve portugaise permettra déjà d’y voir un peu plus clair.

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